Beijing+20 : gros plan sur les violences faites aux femmes

Beijing+20 : gros plan sur les violences faites aux femmes

Beijing+20 : gros plan sur les violences faites aux femmes

En 1995, les 189 Etats membres de l'ONU signataires de la Déclaration et le Programme d'action de Beijing, ont souscrit à l'appel pour l'élimination de toutes les formes de violences envers les femmes en en faisant un des 12 domaines d'actions prioritaires.

 

Aujourd'hui la situation reste alarmante dans tous les pays du monde. La violence envers les femmes et les filles constitue une atteinte aux droits fondamentaux de la personne et une entrave importante à l'autonomisation des femmes que ce soit dans la sphère publique ou privée. Elle a de nombreuses répercussions sur la santé d'abord, sur l'accès à l'éducation, au travail et d'engagement dans la vie sociale.

 

 

Des statistiques peu réjouissantes indiquent à quel point la violence est un phénomène courant, quel que soit le pays ou le milieu social et montrent les nombreuses formes qu'elle peut prendre.

 

Les violences domestiques sont les plus répandues. En 2012 ; 1 femme sur 2 morte dans le monde l'a été des suites de violences infligées par son partenaire ou un membre de sa famille, contre seulement 1 homme sur 20 mort pour les mêmes raisons ; en France, 1 femme meurt tous les 3 jours sous les coups de son conjoint et une femme sur trois dans le monde a déjà été victime de violences physique ou sexuelle, majoritairement de la part d'un partenaire intime. Une étude de l'OMS de 2012, « Prévenir la violence exercée par des partenaires intimes et la violence sexuelle contre les femmes »,  démontre les effets délétères de cette violence à court et long termes sur le bien-être physique, sexuel, génésique, affectif, social, affectif, mental et social des personnes et familles touchées. Aux conséquences physiques, traumatismes, grossesses non désirées, infections sexuellement transmissibles (dont le VIH/Sida), dépression s'ajoutent le développement de comportement à risques tels que le tabagisme, l'abus d'alcool, de drogues et les rapports non protégés.

 

L'OMS, la London School of Hygiene and Tropical Medicine et le Conseil sud-africain de la Recherche médicale ont sorti en 2013 un nouveau rapport "Estimations mondiales et régionales de la violence à l'encontre des femmes : prévalence et conséquences sur la santé de la violence du partenaire intime et de la violence sexuelle exercée par d'autres que le partenaire » (rapport d'orientation en français et rapport complet en anglais) qui montre que la violence à l'encontre des femmes est "omniprésente dans le monde".

 

« Il ne s'agit pas d'un problème secondaire qui ne concernerait que certaines franges de la société, mais bien d'un problème mondial de santé publique, d'ampleur épidémique, qui appelle une action urgente. Il est temps que le monde prenne des mesures : la possibilité de vivre à l'abri de la violence est un droit fondamental pour chaque femme, chaque homme et chaque enfant ». Un rapport de l'Union Européenne confirme ces données à l'échelle de l'Europe ou 45 à 55% des femmes âgées de plus de 15 ans sont ou ont été victimes de violences de harcèlement sexuel.

 

 

Les mutilations sexuelles féminines restent des pratiques encore courantes dans les 29 pays d'Afrique et du Moyen-Orient. Aujourd'hui, 133 millions de filles et de femmes en ont été victimes. On estime actuellement à 700 millions le nombre de femmes mariées avant l'âge de 18 ans et plus d'un tiers d'entre elles l'ont été avant l'âge de 15 ans.

 

Au niveau mondial, la législation protège peu les femmes : seuls 2/3 des pays disposent de lois contre les violences conjugales, 52 pays sur 189 ont explicitement criminalisé le viol conjugal et 2.6 milliards de femmes et filles vivent dans des pays n'ayant pas explicitement criminalisé le viol. En Europe, seules  14 % des femmes victimes portent plainte pour viol par un(e) partenaire intime et 13 % quand il s'agit d'une autre personne.

 

Les violences faites aux femmes et aux filles sont une des expressions des inégalités entre les femmes et les hommes qui structurent nos sociétés. Il est nécessaire d'en comprendre les origines et les formes afin de mieux les combattre.

L'élimination des violences faites aux femmes et aux filles est un enjeu de société majeur qui doit être au cœur des priorités des politiques publiques.

 

Dans le cadre de cette lutte contre les violences, l'implication des hommes est essentielle. La campagne HeForShe, lancée officiellement le 20 septembre au siège des Nations Unies par l'actrice Emma Watson, est un mouvement de solidarité international qui invite les hommes et les garçons à se mobiliser pour une réelle égalité entre les femmes et les hommes.

onufemmes

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