Violences contre les femmes dans le monde : État des lieux et mesures pour leur éradication

Violences contre les femmes dans le monde : État des lieux et mesures pour leur éradication

Violences contre les femmes dans le monde : État des lieux et mesures pour leur éradication

La campagne Orange The World n’est pas seulement l’occasion d’attirer l’attention du plus grand nombre sur les violences à l’égard des femmes, qui restent un sujet tabou dans toutes les sociétés. Elle donne aussi la possibilité de faire un état des lieux des violences dans le monde, qui restent à des niveaux très élevés malgré quelques progrès, et de donner quelques pistes d’action afin de lutter efficacement contre ces violences.

 

Malgré quelques avancées, le niveau des violences contre les femmes dans le monde reste trop élevé

Dans le monde, 1 femme sur 3 est confrontée à la violence au cours de sa vie. Les violences contre les femmes sont aussi courantes que multiformes, puisqu’elles recouvrent :

 

Les violences physiques :

La moitié des morts violentes chez les femmes dans le monde concernent des violences perpétrées par leur conjoint ou un membre de leur famille.

 

Les violences sexuelles :

Dans certains pays, près d’un tiers des filles déclarent que leur première expérience sexuelle leur a été imposée.

 

Les violences psychologiques :

43% des Européennes ont déjà subi des violences psychologiques.

 

Par ailleurs, les trois types de violences auparavant citées sont complétés dans la typologie de la Fédération Nationale Solidarité Femmes (FNSF) par la violence verbale (injures et insultes), et la violence économique (contrôle des biens, des salaires, de l’activité professionnelle, perte d’autonomie financière).

 

Les violences par le conjoint

Nombre de ces violences (physiques, sexuelles et psychologiques) sont commises par un partenaire intime (mari, conjoint, pacsé, petit ami etc.).

 

En 2012, la moitié des morts violentes chez les femmes concernent des violences perpétrées par leur conjoint ou un membre de leur famille, contre un décès sur 20 chez les hommes.

 

En France, la mort à la suite de violences conjugales représente 19% des homicides et une femme décède sous les coups de son conjoint tous les 2,8 jours.

 

Les violences sexuelles

Les violences sexuelles sont elles-mêmes multiformes, puisqu’elles incluent le viol, les avances et le harcèlement sexuel, les violences à caractère sexuel contre les enfants et le mariage ou la cohabitation forcés.

 

Les violences sexuelles sont particulièrement courantes : en Europe, environ la moitié des filles et femmes de plus de 15 ont déjà été victimes de harcèlement sexuel. En France, une femme sur 10 de moins de 20 ans déclare avoir déjà été agressée sexuellement.

 

Dans certains pays, jusqu’à un tiers des filles déclarent que leur première expérience sexuelle leur a été imposée. En France, selon l’enquête CVS (Cadre de Vie et de Sécurité) 0,4% de femmes de 18 à 75 ans se déclarent victimes d’au moins un viol ou une tentative de viol sur une année, soit une estimation de 84000 femmes.

 

Le trafic d’êtres humains et l’exploitation sexuelle

Le trafic d’êtres humains, le plus souvent à des fins d’exploitation sexuelle, concerne encore 4,5 millions de personnes qui, pour la quasi-totalité, sont des femmes et des filles. Cette violence est définie comme l’acquisition et l’exploitation de personnes par le biais de violences telles que la tromperie ou la force. Les personnes victimes de trafic se retrouvent en situation d’esclavage, souvent de nature sexuelle.

 

L’étude de 2015 de Psytel et du Mouvement du Nid permet pour la première fois de fournir des informations sur le coût économique et social de la prostitution à 1,6 milliard d’euros par an.

 

Le mariage d’enfants

Plus de 700 millions de femmes dans le monde ont été mariées avant leur majorité, dont un tiers avant 15 ans. Les filles de familles pauvres ont 2,5 fois plus de chances d’être mariées mineures que les filles de familles plus favorisées.

 

Le mariage précoce a de nombreuses conséquences négatives : les jeunes filles doivent le plus souvent arrêter leurs études, et ne décident plus de la vie qu’elles souhaitent mener. Par ailleurs, des études révèlent que les mineures courent plus de risques de subir des violences de la part de leur mari, que les femmes qui se marient après leur majorité.

 

Selon une enquête de l’INED, il apparaît que 4% des femmes immigrées vivant en France et 2% des filles d’immigrées nées en France ont subi un mariage non consenti. Toutefois, le mariage forcé est en recul, et notamment chez les filles nées en France.

 

Les mutilations génitales féminines

Si aujourd’hui, le risque pour une adolescente de subir une excision a été réduit d’un tiers par rapport à il y a 30 ans, 133 millions de femmes et de filles ont subi des mutilations génitales féminines (MGF), la plupart dans des pays d’Afrique et du Moyen Orient où ces violences sont courantes.

 

Selon les estimations de l’INED, 53000 femmes de plus de 18 ans ayant subi une mutilation sexuelle féminine vivaient dans le territoire français en 2004. Cette pratique diminue très fortement en contexte migratoire.

 

Une trop faible protection de la part des États

Une des explications du niveau continuellement élevé des violences faites aux femmes réside dans la faible protection de la part des États :

  • À peine deux tiers des pays disposent de lois contre les violences conjugales.
  • Seuls 52 pays dans le monde criminalisent explicitement le viol conjugal.
  • 2,6 milliards de femmes et de filles vivent dans des pays qui ne criminalisent pas explicitement le viol.

En dehors de la reconnaissance et la protection juridiques, beaucoup d’Etats ne garantissent pas un accompagnement global des femmes victimes de violences (accès aux droits, hébergement, réinsertion professionnelle, etc.).

 

Les mesures pour éradiquer les violences faites aux femmes

ONU Femmes promeut certaines mesures pour lutter efficacement contre les violences à l’égard des femmes et des filles, et met notamment l’accent sur la prévention.

 

Les lois et les politiques : pour la prévention et l’accompagnement

ONU Femmes insiste sur la prévention des violences à travers des mesures telles que la promulgation de lois et de politiques pour réprimer les actes de violence à l’égard des femmes et des filles ou la mise en place de services d’accompagnement de qualité pour les victimes.

 

Un changement de normes sociales

Lutter efficacement contre les violences faites aux femmes implique aussi une redéfinition de la masculinité et de la féminité et des rôles de genre.

 

Pour ce faire, il est important d’impliquer tous les actrices et acteurs, en incluant les individus, les familles et les communautés.

 

En particulier, le travail auprès des jeunes est crucial, car ils et elles sont les porteurs du changement de normes de demain.

 

L’autonomisation économique

ONU Femmes insiste enfin sur le lien entre autonomisation économique et éradication des violences, puisque la prévention, notamment des violences conjugales, passe aussi par l’accès à l’emploi des femmes. Pour ceci, des projets de formation professionnelle vers des métiers en tension sont proposés, ainsi que la mise en place de formations à l’égalité femmes-hommes.


ONU Femmes défend donc une intervention globale et transversale pour prévenir les violences faites aux femmes :

  • Les stopper avant qu’elles ne se produisent,
  • Empêcher les récidives,
  • Protéger les victimes par des services de soutien.

Pour en savoir plus

onufemmes

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