Répondre aux violences subies par les femmes migrantes et refugiées

Répondre aux violences subies par les femmes migrantes et refugiées

Répondre aux violences subies par les femmes migrantes et refugiées

En 2015, plus d’un million de personnes ont fui la Syrie, l’Afghanistan, la Somalie et le Soudan pour migrer en Europe. Le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés estime la proportion de femmes et d’enfants qui composent cette population à 42 %.  Un rapport d’évaluation réalisé en 2015 par ONU Femmes en Grèce et en Macédoine stipule que les filles et les femmes font partie (avec les enfants isolés, les personnes handicapées et les personnes âgées) des « populations à risque » qui nécessitent une protection particulière avant, pendant et après leur périple migratoire.

 

Bien que les femmes représentent une part croissante du nombre total de déplacé.e.s, peu de mesures jusqu’ici mises en place répondent à leurs besoins spécifiques. Le contexte de crise auquel ces femmes sont exposées ne fait qu’exacerber les violences dont elles peuvent être victimes en temps normal, et limite également les mécanismes de protection habituellement disponibles en situations de violences (famille, communauté, justice, police, etc.).

 

Le rapport d’évaluation d’ONU Femmes souligne le danger que représentent les violences sexuelles, accentué par la nécessité matérielle et économique dans lesquelles se trouvent les filles et les femmes à tout moment de leur périple migratoire. Ces dernières sont exposées aux viols et aux agressions sexuelles, mais sont aussi parfois soumises à l’exploitation et au trafic, notamment lorsqu’elles voyagent seules. Les filles et les femmes sont rarement en mesure de dénoncer les violences dont elles sont victimes, par manque d’infrastructures et de mesures prises à cet effet, mais également parce qu’elles craignent de ralentir leur avancée et celle de leur famille. Par ailleurs, alors que c’est en majorité aux femmes qu’échoit la responsabilité de prendre soin des enfants et des personnes âgées, le contexte migratoire expose également les femmes à un risque accru de violences familiales et conjugales.

 

Les besoins spécifiques des femmes en termes de santé sexuelle et reproductive ajoutent à leur vulnérabilité en contexte migratoire. Elles sont susceptibles de tomber enceinte, ou pour certaines attendent déjà un enfant, et nécessitent donc un suivi particulier. Souvent, celui-ci ne peut leur être accordé faute d’infrastructures dédiées à la prise en charge gynécologique dans les centres de transit et d’accueil. Il arrive également que les femmes enceintes refusent des soins médicaux par peur d’être séparées de leur famille ou sous la pression de celle-ci, aux dépens de leur santé fragile (risque accru de fausse couche).

 

Que fait ONU Femmes pour venir en aide aux femmes migrantes et réfugiées ?

La déclaration de New York sur les migrants et réfugiés, ratifiée par les Nations Unies le 13 septembre 2016, pose les fondements nécessaires pour prévenir et répondre aux violences sexuelles et aux violences faites aux femmes dans le contexte migratoire actuel. Elle garantit que « les solutions apportées aux grands mouvements de migrant.e.s et réfugié.e.s intègrent une perspective de genre, promeuvent l’égalité des sexes et l’autonomisation de toutes les femmes et les filles, et respectent et protègent entièrement les droits humains des femmes et des filles ».

 

En Europe, ONU Femmes travaille en collaboration étroite avec la Commission européenne afin de s’assurer que les besoins et les vulnérabilités des femmes migrantes et refugiées sont pris en compte dans les politiques de migration. Les 4 enjeux majeurs sont :

  • d’éviter la détention des demandeuses d’asile
  • de répondre aux besoins de santé et psychologiques spécifiques des femmes
  • de souligner l’importance de la réunification familiale dans l’intégration des migrants en Europe
  • de permettre aux femmes de demander l’asile quel que soit la situation des autres membres de leur famille.

Depuis 2012 dans le camp de Zaatari en Jordanie, où près de 80 000 syrien.ne.s se sont réfugié.e.s, ONU Femmes a créé trois centres pour femmes - « Oasis for women and girls » - qui visent à autonomiser les femmes en leur offrant des opportunités de travail pour subvenir aux besoins croissants de leur famille. Pour la plupart anciennes femmes au foyer, ces femmes sont souvent les seules sources de revenus de leurs familles aujourd’hui et voient leurs nouvelles carrières comme un tournant positif dans leurs vies.

 

Lire aussi :

"Empowering women and girls migrants and refugees" par Lakshmi Puri, Directrice exécutive adjointe d'ONU Femmes,

onufemmes

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