L'action d'ONU Femmes en faveur de la lutte contre le changement climatique

L'action d'ONU Femmes en faveur de la lutte contre le changement climatique

L’action d’ONU Femmes en faveur de la lutte contre le changement climatique

Depuis sa création en 2010, ONU Femmes se mobilise à la fois au sein des discussions internationales afin que la dimension genre soit prise en compte mais également dans l'appui aux projets innovants de terrain qui promeuvent les femmes en temps qu'actrices du changement. 

 

L’action d’ONU Femmes dans les négociations internationales

RIO +20 : 20ème anniversaire de la Déclaration de Rio sur l'environnement et le développement

Comme le rappelait Fanny Benedetti, Directrice Exécutive du Comité ONU Femmes France lors de la Table Ronde « Femmes et lutte contre le changement climatique » du 25 juin 2015, la conférence Rio+20 de juin 2012 a constitué le premier test pour inscrire le genre et l’égalité entre femmes et hommes à l’agenda d’une grande négociation multilatérale.

 

Le document final de la Conférence Rio+20, intitulé L’avenir que nous voulons s’est révélé très complet en termes de mention de l’égalité femmes-hommes, réaffirmant de manière très forte l’exigence d’égalité en droits et reconnaissant l’importance de l’autonomisation des femmes pour le développement durable.

 

Ce document :

  • reconnaît l'importance de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes pour le développement durable et pour notre avenir commun;
  • réaffirme la détermination des Nations unies à assurer les droits égaux, un égal accès, et les mêmes possibilités de participation et de prise de décisions dans les domaines économique, social et politique.
  • souligne le rôle essentiel des femmes dans le développement durable, notamment en tant qu’actrices du changement, et il établit des liens entre l'égalité des sexes et des questions telles que l'énergie, la santé, l'éducation et la réduction des risques liés aux catastrophes naturelle. 

Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques (UNFCCC)

Forte de cette expérience, ONU Femmes a continué de s’investir dans les grandes négociations internationales. Les engagements en matière de genre dans le contexte des accords signés suite aux différentes réunions des Etats parties à la Convention-cadre des Nations unies sur les changements climatiques se sont renforcés au fil des sessions. On peut par exemple citer la décision 23/CP.18 de la COP 18 ou la décision 18/CP.20 de la COP 20 sur le programme d’action sur le genre. En effet, des engagements très concrets sont enfin apparus à partir de la COP18 à Doha, notamment en matière de parité dans les négociations et de soutien à l’implication des femmes dans les négociations. Néanmoins, force est de constater qu’il subsiste un déficit de mise en œuvre des engagements pris par les Etats de Doha. L’accord pour le climat de la COP 21 à Paris doit être cohérent et complémentaire avec les résultats des processus intergouvernementaux les plus récents, notamment le Samoa Pathway, l’Agenda 2030 pour le développement durable et l’Agenda d’Addis Ababa sur le financement pour le développement. Tous ces processus ont reconnu que l’égalité femmes-hommes et l’autonomisation des femmes sont essentielles pour obtenir des résultats de développement durable. En mars 2015, le Conseil du Fonds Vert pour le Climat (CFVC) a aussi adopté une politique de genre et un plan d’action, intégrant l’égalité entre les sexes parmi ses principes directeurs.

 

La question du financement dédié à l’égalité notamment est essentielle. L’OCDE s’est positionnée en faveur d’un pourcentage de financement consacré à l’égalité de genre. Dans ce combat, ONU Femmes a le soutien du GIEC qui est à l’origine de constats très clairs sur le rôle des femmes dans la lutte contre le changement climatique.

 

Aujourd’hui, les principaux objectifs pour ONU Femmes pour la COP 21 sont les suivants :

  • Conserver et renforcer la mention de l’égalité dans les parties essentielles du texte ;
  • Faire de l’égalité un principe central, directeur et transversal à toute action et processus de décision en général et de l’accord qui sera signé en particulier;
  • S’assurer de l’inclusion de langage sur les droits des femmes, leur autonomisation et l’avancement des femmes dans chaque partie opérationnelle du texte.
  • Prendre en compte la reconnaissance de la contribution des femmes à l’action en faveur du climat ainsi que leur participation et leur leadership dans les processus de prise de décision, qui doivent être renforcés, sur la base des engagements pris précédemment par les Etats
  • Institutionnaliser l’intégration d’indicateurs de genre et organiser la collecte de données par sexe dans les mécanismes de suivi et de surveillance.

Concrètement, ONU Femmes et ses partenaires appellent à soutenir l’inclusion de paragraphes pour avancer l’égalité et l’autonomisation des femmes dans le contexte de l’action climatique et d’assurer la participation des femmes, y compris dans les processus de décision, dans toutes les sections de l’accord de COP 21. Il est nécessaire que les politiques, les actions et mécanismes mis en place reflètent une perspective genre, afin qu’ils contribuent, d’une manière proactive et délibérée à la réalisation de l’égalité entre les femmes et les hommes et l’autonomisation des femmes.

 

Pour développer des indicateurs permettant de suivre l’évolution à l’échelle mondiale de ces nouveaux objectifs, un groupe d’expertes et experts inter-agences pour les indicateurs ODD a été établi. ONU Femmes y occupera un rôle d’observateur. La proposition du groupe sera soumise à l’approbation de la Commission statistique des Nations Unies lors de sa 47e session en mars 2016.  

 

Dans ses actions sur le terrain

ONU Femmes, avec ses partenaires, s’engage à défendre ces nouvelles solutions, en mettant les femmes au centre de tout effort d'adaptation, d'atténuation et de gestion des risques liés aux catastrophes. Nous pensons qu'une telle transformation de paradigme permettra de créer un cercle vertueux qui facilitera l’atteinte de multiples objectifs de développement durable ; l'amélioration de la vie et de la résilience des femmes et des hommes du monde entier, et la possibilité de faire en sorte qu’une économie respectueuse du  climat, devienne une réalité.  

 

Concrètement, ceci veut dire que lors de la conception des stratégies pour l’énergie renouvelable, il est essentiel de s’assurer que les femmes participent à la formulation et au suivi des politiques, et que ces stratégies prennent en compte la façon dont les femmes ont accès et utilisent à l’énergie chez elles. Les évaluations de risques, de vulnérabilités, et les plans de réponses d’urgence prennent ainsi en considération les vies et capacités des femmes. Mener cette analyse systématique du changement climatique sous les angles environnemental, de développement et d’égalité entre les sexes permettra de combler rapidement les lacunes de la recherche, des connaissances et des données. 

 

De plus, toute mesure visant à développer l’autonomisation des femmes peut contribuer à la lutte contre le changement climatique. En effet, garantir un accès à la terre équitable, aux services financiers, à l’éducation gratuite, etc. permet que les femmes et les filles deviennent actrices du changement, et indirectement du changement climatique.

 

ONU Femmes travaille sur des programmes pilotes sur le terrain, permettant de promouvoir les femmes en tant qu’actrices du changement en faveur du climat. Ces projets sont financés par le fonds en faveur de l’autonomisation des femmes, soutenant des projets qui permettent aux femmes d’accéder à l’indépendance économique et les placent comme actrices contre le changement climatique. Pour des exemples de projets.

 

Et en France 

Le comité ONU Femmes France soutient les différentes initiatives institutionnelles et associatives concernant la prise en compte du genre dans le changement climatique, parmi lesquelles il est possible de citer :

  • L’appel conjoint du Haut conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes, et les Délégations aux droits des femmes et à l’égalité de l’Assemblée nationale et du Senat afin de « Soutenir les femmes face au dérèglement climatique », remis à M. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères le 16 octobre 2015,
  • La position « Genre et justice climatique », coordonnée par l’association Adéquations,
  • L’initiative de Care France à l’approche de la COP 21 « Le climat au pied du mur », qui mettait en avant, parmi d’autres sujets, le lien entre femmes et climat.

Aujourd'hui, le principal défi est d'intégrer systématiquement l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes dans nos réponses opérationnelles face au changement climatique à un niveau local, national et international. Un nouveau paradigme doit mettre les femmes au centre de tout effort d'adaptation du changement climatique et de gestion des risques liés aux catastrophes.

 

 

Pour en savoir plus :

 

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