Journée HeForShe à Sciences Po

Journée HeForShe à Sciences Po

Journée HeForShe à Sciences Po

Le 1er octobre, Sciences Po accueille l'équipe HeForShe à l’occasion du « University Bus Tour », invite les étudiant-es, les chercheur-es, les salarié-es de l’institution à témoigner de leur engagement et organise un débat sur l’engagement des hommes pour l’égalité des sexes : nécessité, réalité, ou utopie ? 

 

Depuis juin dernier, Sciences Po s’est investi dans la campagne HeForShe d’ONU Femmes en intégrant l’initiative 10x10x10. Son directeur, Frédéric Mion, qui s’est engagé pour HeForShe aux côtés du Comité ONU Femme France nous livre les raisons de cet engagement à la fois institutionnel et personnel.

 

Sciences Po a rejoint en juin dernier le programme pilote "Impact 10X10X10" d’ONU Femmes qui sélectionne trente « champions » engagés en faveur de l’égalité femmes hommes. Sur quelles propositions cette sélection s’est-elle faite?

 

Nous avons proposé trois axes principaux, issus de notre propre plan d’action pour l’égalité entre les femmes et les hommes. Le premier axe a trait au partage des responsabilités dans la sphère privée. A l’occasion d’évènements importants, comme la naissance d’un enfant par exemple, nous souhaitons encourager nos salarié-e-s à réfléchir à ce partage, et favoriser sa mise en place. Nous encourageons par exemple nos salariés hommes à prendre leur congé paternité. Nous associons également nos étudiant-e-s à cette réflexion, qui seront tôt ou tard confronté-e-s à ces problématiques d’équilibre entre la vie familiale et professionnelle, et leur proposons des ateliers d’insertion professionnelle prenant en compte les questions d’égalité. Le second axe est de nature plus quantitative puisque nous souhaitons atteindre en 2020 une proportion de femmes dans nos organes de direction atteignant les 40%. C’est une ambition importante, qui nous pousse à faire des choix dès à présent. Enfin, le troisième axe concerne la réalisation d’un parcours de sensibilisation pour nos étudiant-e-s tout au long de leurs années d’étude, depuis le collège universitaire jusqu’au diplôme. D’un point de vue personnel, ils se posent des questions sur leurs choix et sur leur orientation professionnelle. Cela fait l’objet de recherches, qui tendent à montrer que les parcours des filles et ceux des garçons ne sont pas équivalents. Il faut comprendre pourquoi et ouvrir le champ des possibles pour tout le monde. Plus globalement, au niveau de la société, nos étudiants sont susceptibles de faire bouger les lignes, et rapidement.

 

Avec la création en 2010 du programme PRESAGE et le ralliement au projet européen EGERA en 2014, Sciences Po était une école déjà très engagée sur ce thème de l’égalité femmes hommes. Pourquoi avoir voulu cette ouverture au-delà de nos frontières européennes ? Devenait-elle nécessaire?

 

Je crois que c’est important d’afficher une ambition qui n’est pas juste nationale, européenne, mais qui va au-delà, car je pense sincèrement que cela va faire basculer nos projets vers une autre dimension. Nous allons avoir des échanges encore plus divers et constructifs avec des responsables d’autres structures qui ne seront plus uniquement dans le champ universitaire, puisque nous échangerons avec des acteurs du monde économique, des structures étatiques. Cela nous apportera forcément des idées novatrices qui peuvent être très fécondes pour nous. Je suis également intimement convaincu qu’afficher très ouvertement à l’international notre positionnement en faveur de l’égalité hommes femmes intéressera des étudiant-e-s de pays étrangers qui réfléchissent à leur orientation dans des établissements d’enseignement supérieur, et des chercheur-e-s.

 

Justement vis-à-vis des autres grandes écoles françaises allez-vous vous positionner comme le leader national sur ces questions d’égalité femmes hommes ? Envisagez-vous de leur transmettre à terme de bonnes pratiques sur cet engagement sociétal?

 

Je ne vois pas du tout cet engagement et cette désignation dans le 10x10x10 Impact d’ONU Femmes, qui honore Sciences Po, comme une récompense qui nous désigne comme meilleurs que les autres. Ces questions sont fondamentales pour tous nos établissements, et nous réfléchissons tous assidûment à cet enjeu de société. Et je n’ai bien sûr aucune prétention à donner des leçons à mes collègues. Je pense au contraire que c’est collectivement que nous pouvons essayer d’avancer sur ces sujets, comme nous le faisions déjà au sein de notre communauté d’universités et d’établissements Sorbonne-Paris-Cité.

 

Plus largement, que pensez-vous de la campagne HeForShe? Etait-elle nécessaire selon vous?

 

Je pense que toute initiative qui nous conduit collectivement à être plus actifs sur ce thème de l’égalité hommes femmes est très importante. HeForShe est un puissant outil de mobilisation. Je l’ai vu auprès des étudiant-e-s, de Politiqu’Elles par exemple, qui ont été les premières à nous signaler cette campagne et qui depuis veillent à ce que nous soyons dignes de la distinction qui nous a été conférée. Cette mobilisation me donne à penser qu’ONU Femmes a vu juste, car il y a matière à susciter autour d’une initiative comme celle-ci un engagement plus fort. C’est vrai que nous nous heurtons régulièrement à toutes formes d’inertie ; les projets sur l’égalité hommes femmes semblent toujours passer après d’autres, jugés plus importants. Le fait que notre plan d’action 2015-2017 soit soutenu par cette campagne permet de porter le message de l’égalité hommes femmes bien plus facilement au sein des toutes les sphères décisionnaires, et ainsi de faire avancer plus vite nos projets. Cette mobilisation nous sert clairement à cela : tenir la cadence ambitieuse que nous nous sommes imposée.

 

Si vous deviez proposer une citation pour illustrer cette campagne, quelle serait-elle?

 

« Plus d’égalité, c’est plus de liberté »

onufemmes

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