Journée internationale des droits des femmes 2019

 Enjeux d’égalité et Objectifs de Développement Durable,

Regards croisés avec le comité ONU Femmes France

 

Dans la continuité de la Journée internationale des droits des femmes, le Comité ONU Femmes France a organisé le jeudi 14 mars 2019, en partenariat avec le Ministère de la Transition Écologique et Solidaire et le Ministère de la Cohésion des Territoires, une table ronde sur le thème Enjeux d’égalité dans les objectifs de développement durable.  

Autour de Hélène Fernandez, Haute fonctionnaire à l’égalité entre les femmes et les hommes, les liens entre les questions d’égalité et les enjeux de développement durable ont été mis en avant par les participantes : Cécile Parisy et Charlotte Groppo, administratrices du comité ONU Femmes France ; Edwige Duclay, adjointe au chef de la délégation au développement durable, conseil général au développement durable ; Cécile Lemaitre, adjointe au chef du bureau des produits chimiques, cheffe de projet stratégie perturbateurs endocriniens et Chantal Reland, adjointe au sous-directeur des Gens de Mer et de l’enseignement maritime, direction des Affaires maritimes. Céline Mas, présidente du Comité ONU Femmes France et Yveline Nicolas, coordinatrice de l’association Adéquations ont introduit les échanges et rappelé le rôle des ONG et des acteurs associatifs dans ce contexte.

Ce fût l’occasion de rappeler le caractère holistique des 17 Objectifs de Développement Durable (ODD), indissociables les uns des autres. Le genre a un fort impact dans l’atteinte de ces objectifs, son intégration transversale dans les politiques et les actions est une condition sine qua non à l’application des ODD.

 

En matière d’Objectifs de Développement Durable, nous sommes tous des pays en voie de développement durable

Céline Mas a évoqué dans son discours trois pièges à éviter. D’abord, celui des silos et de l’enfermement. La question de l’égalité femmes-hommes ne concerne pas seulement les femmes, elle touche à l’ensemble des problématiques économiques, environnementales et sociales du monde. Elle a ensuite abordé le piège des illusions. Depuis la montée en puissance de mouvements comme MeToo ou les marches pour le climat, la sensibilisation s’accentue auprès du grand public. Néanmoins, les résultats escomptés sont loin d’être atteints. Les avancés des femmes dans le monde sont un levier pour y arriver. Enfin, troisième piège : celui des vœux pieux. Des connaissances ont été accumulées, des actions entreprises par de nombreux acteurs mais il faut pouvoir en évaluer l’impact réel. Des indicateurs existent mais la méthodologie de collecte n’est pas toujours fiable, les données peuvent être insuffisamment ou mal exploitées. Se pose également la problématique de la gouvernance des données avec la propagation des fake news.

Malgré ces obstacles, ONU Femmes est résolument optimiste et convaincu que les actions en faveur de l’égalité des genres mènent au changement. Chacune et chacun a le pouvoir de faire la différence et de changer le monde. Dans les pays en développement, c’est d’ailleurs grâce à des idées innovantes et pertinentes que des femmes transforment le quotidien de leur communauté. Elles ont un impact fondamental en répondant à des besoins essentiels en matière de santé, d’agriculture ou encore d’énergie. En France aussi, inclure l’égalité est une démarche gagnante qui amplifie les résultats et bénéficie à tout le monde.

Yveline Nicolas a ensuite rappelé l’existence d’un Plan d’action Genre et climat, adopté à la COP23 en 2017. Elle a souligné les convergences entre ces questions et regretté que le Ministère de la Transition écologique et solidaire et le Secrétariat à l’égalité femmes-hommes soient les ministères français ayant les budgets les plus faibles. Elle a également souligné le fait que les ODD sont peu connus des élu.e.s français.es. Pourtant, la France rédige actuellement sa feuille de route pour leur mise en œuvre. Elle sera présentée en septembre 2019 en marge de l’Assemblée Générale des Nations Unies. Selon Yveline Nicolas en matière d’ODD, tous les pays sont en voie de développement durable.  L’enjeu est bien d’embarquer tout le monde dans un partenariat pour réussir la transformation de notre société.

 

Agir en faveur de l’égalité des genres, une démarche gagnante qui bénéficie à tout le monde

Les échanges entre les représentantes des Ministères et d’ONU Femmes France se sont poursuivis autour de trois thématiques. Le lien entre les stéréotypes sexués et les objectifs de développement durable a été abordé à travers l’intégration du genre dans les ODD dans les politiques ministérielles, l’engagement d’ONU Femmes dans la campagne HeForShe, contre les stéréotypes dans les publicités, ou encore la promotion de l’éducation des filles dans la tech. La table ronde suivante s’est penchée sur les pollueurs chimiques et la santé, posant la question de l’impact différencié entre les sexes des perturbateurs endocriniens, l’accès à la santé et les risques sanitaires. Enfin, les dernières interventions ont abordé la question du travail et de l’accès à l’autonomie dans différents milieux, citant les efforts qui existent pour promouvoir les métiers du maritime pour les femmes, l’enjeu de leur participation au marché du travail et leur autonomisation économique.

Cet événement a permis de mettre en avant des initiatives qui favorisent l’égalité femmes-hommes en reconnaissant le rôle et l’impact des femmes pour la réalisation des objectifs de développement durable, ainsi que la nécessité d’œuvrer de façon transversale pour atteindre un changement en profondeur.

 

par Sonia Lepine-Persaud

 

En savoir plus sur les Objectifs de Développement Durable : 17 objectifs pour sauver le monde.

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