Les femmes dans les conflits

                  ©Sylvain Lietchi - ONU Femmes

Accroître la participation des femmes dans le processus de paix

La guerre touche les femmes et les hommes de façon différenciée. Dans les conflits contemporains, 90% des victimes sont des civils dont la plupart sont des femmes et des enfants.

Les femmes paient le prix fort et sont souvent victimes de violences sexuelles, parfois systématiques, pour atteindre des objectifs militaires ou politiques. C’est le cas en République Démocratique du Congo où l’on qualifie ce phénomène de “féminicide”.

Même après la fin du conflit, les conséquences de la violence sexuelle persistent avec les grossesses non désirées, les infections sexuellement transmissibles et la stigmatisation.

Les femmes sont aussi les premières à être touchées par les déplacements forcés, la pénurie alimentaire, la dégradation des infrastructures et des services alors qu’elles luttent dans un même temps pour rassembler les familles et soigner les blessés.

Elles sont également sous représentées dans les processus de paix officiels même si elles contribuent de façon informelle à la résolution des conflits. Dans les négociations de paix récentes, les femmes ont représenté moins de 8% des participants, moins de 3% des signataires et aucune femme n’a jamais été nommée médiateur en chef ou chef de file dans les négociations de paix parrainées par l’ONU. Cette exclusion conduit invariablement à un défaut de prise en considération des préoccupations des femmes dans la reconstruction post conflit.

Les résolutions “Femmes, Paix et Sécurité” adoptées aux Nations Unies depuis 2000 (résolutions 1325, 1820, 1888, 1889, 1960) appellent les États à renforcer la protection des femmes pendant les conflits et ainsi que leur participation aux négociations de paix  et aux processus décisionnels.

En octobre 2010, la France a adopté un plan national d’action pour la mise en œuvre de ces résolutions. En tant que membre du Conseil de Sécurité, la France occupe une place de premier plan pour promouvoir la place des femmes dans la résolution des conflits.

 

Saran Keïta Diakité, une avocate malienne qui consolide la paix et fait naître l’espoir

En avril 2012, Saran Keïta Diakité fut l’une des rares femmes à prendre part aux pourparlers de paix à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Avocate spécialisée dans le droit international, Saran reconnaît que son parcours professionnel n’a pas été facile, dans une société traditionnelle comme la sienne. Mais elle est aujourd’hui présidente de la branche malienne de l’ONG Réseau paix et sécurité des femmes de l’espace CEDEAO. Cette organisation se met au service des maliennes touchées par la guerre pour les rendre plus autonomes et obtenir justice : accès aux soins psychosociaux, conseils juridiques, programme d’emploi pour les femmes et les filles déplacées.

Saran Keïta Diakité se consacre aussi au plaidoyer pour la participation des femmes aux processus de paix, c’est ainsi qu’elle est parvenue à faire entendre leurs voix lors de la résolution du conflit malien. Pour elle, « La femme est au cœur de ce problème-là. Il faut obligatoirement l’implication effective, effective j’ai bien dit, et à toutes les phases de gestion d’une crise, il faut l’implication de la femme. Une crise gérée sans femme, cela va à l’échec. »

 

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