Egalité professionnelle et indépendance économique

Deux jeunes femmes du Sud-Soudan avec leur professeure indienne étudient le fonctionnement d’une lampe solaire lors d’une séance de formation à Tilunia, en Inde. © ONU Femmes Gaganjit Singh

Renforcer l’indépendance économique des femmes et l’égalité professionnelle

La reconnaissance du travail des femmes, leur participation à la vie économique et leur accès à l'autonomie financière sont des facteurs clés de leur émancipation. Or, dans la plupart des pays du monde, les femmes sont discriminées dans l'accès au marché du travail et dans leur progression de carrière. De plus, elles sont moins bien rémunérées que les hommes. En France, l'écart de salaire entre les femmes et les hommes est de 19,2% et 30,6% d’entre elles travaillent à temps partiel contre seulement 7,2% des hommes.  Grâce à la loi sur la parité dans les conseils d’administration des entreprises du CAC 40, plus de 30% de leurs membres sont des femmes, mais seules 6% des présidences sont tenues par des femmes.

Dans tous les pays du monde, les femmes continuent d'assumer l'essentiel des tâches domestiques et de soins qui ne sont pas rémunérées et ne sont pas comptabilisées dans le produit intérieur brut. Si bien qu'elles travaillent souvent deux fois plus que leurs homologues masculins, tandis que la maternité les pénalise fortement dans la progression de leur carrière. En France, le taux moyen d’activité des femmes avec un enfant de moins de trois ans est de 81,6% et chute à 41,1% pour celles ayant trois enfants dont  le plus jeune a moins de trois ans.  Pour les hommes, ce taux chute  seulement de 96,7% à 93,8%.

Les programmes d'autonomisation économique d'ONU Femmes permettent aux femmes d’obtenir des emplois décents, d’accumuler des actifs et d’influencer les institutions et les politiques publiques qui déterminent la croissance et le développement d’un pays. L'un des domaines d'intervention privilégiés d’ONU Femmes est le plaidoyer pour estimer le travail non rémunéré des femmes au foyer et obtenir des mesures qui permettent que les femmes autant que les hommes puissent plus facilement combiner ce travail avec un emploi rémunéré.

Les projets soutenus par ONU Femmes en partenariat avec des organisations locales et la société civile s'adressent aux femmes les plus pauvres, issues des milieux ruraux, les domestiques, les femmes immigrées et faiblement qualifiées. Les objectifs consistent à leur assurer des revenus plus élevés, un meilleur accès aux ressources et un meilleur contrôle de celles-ci, ainsi qu'une sécurité accrue face aux violences.

 

Au camp de réfugiés de Dadaab au Kenya, le Programme pour la paix, la sécurité et l’action humanitaire d’ONU Femmes soutient des femmes dans le but de leur assurer des moyens d’existence grâce à l’agriculture

Les femmes bénéficiaires du programme préparent la terre pour mettre en place un système d’irrigation. © ONU Femmes Tabitha Icuga

Les femmes du camp de réfugiés de Dadaab ne s’y sentent pas en sécurité, jusque dans leurs propres foyers, elles craignent d’être violées. Selon Idil Absiye, spécialiste de la paix et de la sécurité auprès d’ONU Femmes au Kenya, « le manque de moyens est un facteur qui contribue à la violence sexuelle et sexiste dans le camps ».

C’est dans l’objectif d’assurer à ces femmes victimes de violence une plus grande autonomie ainsi que des revenus qu’ONU Femmes et la branche kenyane de la Croix Rouge ont mis en place un projet comprenant différents volets d’action.

Le principal but de l’initiative est de permettre à ces femmes de se nourrir et de s’assurer un revenu qui permette de scolariser leurs enfants, grâce aux cultures qu’elles mettent en place. Dans ce cadre, des serres ont été achetées et un nouveau marché est en construction à Dadaab. Les femmes pourront y vendre leur récolte sans avoir besoin de se déplacer dans les villes voisines, ce qui réduira les risques d’insécurité.

Parallèlement, des services de conseil aux victimes de violences sexuelles et sexistes ont été mis en place, ainsi qu’un service de médiation familiale où les femmes peuvent venir consulter avec leurs maris. En attendant les premières récoltes, des résultats rapides ont été constatés grâce à ces services d’aide, notamment au niveau des signalements de violence sexiste qui peuvent atteindre jusqu’à 15 cas par jour.

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