#CSW63 : protection sociale, services publics et infrastructures

Conference AFD© photos : Isabelle Blin et Sonia Lépine-Persaud

 

Sensibiliser aux enjeux d’égalité entre les femmes et les hommes au cœur des actions d’ONU Femmes France

 

L’autonomisation économique des femmes, une des priorités stratégiques d’ONU Femmes, était au centre de la 63ème session de la Commission de la condition de la femme (CSW63), qui s’est tenue à New York du 11 au 22 mars 2019. Cette année, le thème principal était la protection sociale, les services publics et les infrastructures.

 

Assurer un développement durable et respectueux 

Au cours de la CSW63, le sujet des violences à l’égard des femmes et des filles était l’une des autres thématiques prioritaires abordées. Pour lutter contre ces violences, la Convention d’Istanbul est un instrument international progressiste et holistique dont la France souhaite une application au-delà des pays membres du Conseil de l’Europe.

Tout comme ONU Femmes, les programmes de l’Agence Française pour le Développement (AFD) contribuent à atteindre les Objectifs de développement durable (ODD). Le partenariat signé entre ONU Femmes France et l'AFD se fonde sur un but commun, celui d’assurer un développement durable respectueux promouvant le bien-être des populations, et qui ne saurait être atteint sans l’égalité réelle entre les femmes et les hommes.

Dans la lignée de ce partenariat, Isabelle Blin, administratrice du comité ONU Femmes France, Sonia Lépine-Persaud, chargée de missions du Comité ONU Femmes France et Ouafae Sananès, chargée de mission et experte genre au sein de la Cellule Lien Social de l’AFD, ont tenu une conférence à destination du personnel de l’AFD, le 20 mai dernier.

 

CSW et Convention d’Istanbul, des dispositifs de lutte contre les violences faites aux femmes

Lors de cette conférence, ONU Femmes France a notamment rappelé l’existence et l’importance de la CSW63 et de la Convention d’Istanbul : ces deux dispositifs visant à lutter contre les violences faites aux femmes.

Isabelle Blin a présenté le rôle de la CSW et les quatre événements parallèles auxquels a participé ONU Femmes France lors de la dernière CSW. Il s’agissait de « Free to Decide, Free to Choose » organisé par la France et la Suède avec le Mouvement « SheDecides » et le soutien du Planning Familial ; ainsi que de l’événement « En route vers Biarritz : les droits des femmes au cœur du Sommet du G7 » organisé par Care et Equipop et en partenariat avec le Canada et la France.  Le comité s’est également associé au Conseil National des Femmes Françaises (CNFF) afin d’organiser un événement parallèle intitulé « La protection sociale en Europe et au Moyen orient : On fait comment ? ». L’événement a été clôturé par les recommandations d'ONU Femmes France en la matière. Enfin, le comité a participé au side event organisé par la France sur la Convention d’Istanbul.

 

L’intervention de Sonia Lépine-Persaud a été l’occasion de dresser un constat alarmant : les violences faites aux femmes ne diminuent pas, malgré une certaine prise de conscience des organes étatiques et législatifs. A titre d’exemple, en France, ce sont près de 220 000 femmes par an qui sont victimes de violences physiques ou sexuelles de la part de leur conjoint ou ancien partenaire, et plus d’une femme sur deux déclare avoir subi un viol ou une tentative de viol avant ses 18 ans. Dans le monde, 35% des femmes ont déjà été victimes de violences physiques ou sexuelles et 137 000 femmes sont tuées chaque jour par un proche, dont plus d’un tiers par leur conjoint ou ex-conjoint.

 

La Convention d’Istanbul, une avancée majeure pour garantir la sécurité des femmes en Europe et au-delà

La Convention du Conseil de l’Europe sur la prévention et la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique, dite « Convention d’Istanbul » est entrée en vigueur en France le 1er novembre 2014. Cette convention est le traité international qui pose les standards les plus élevés pour combattre les violences à l’égard des femmes. Elle constitue une avancée majeure pour garantir la sécurité des femmes en Europe et au-delà. Ses dispositions reposent sur quatre piliers, les “4 P” : la prévention de la violence, la protection des victimes, la poursuite des auteurs et les politiques intégrées. Elle instaure une approche holistique dont l’objectif principal est de mettre en place une action globale et harmonisée pour permettre à toutes les femmes de vivre sans violence.

 

La mise en œuvre effective de la Convention est évaluée par son mécanisme de suivi. Ce dernier repose sur deux instances : le GREVIO (Groupe d’experts sur la lutte contre la violence à l’égard des femmes et la violence domestique), un organe d’expert.e.s indépendant.e.s ; et le Comité des Parties, organe politique composé de représentant.e.s officiel.le.s des États parties à la Convention. La première évaluation du suivi de la France est en cours, son rapport étatique a été remis le 5 avril 2018.

 

Face au sinistre bilan des violences à l’encontre des femmes et des violences domestiques, et notamment au nombre croissant de féminicides en France, le Comité ONU Femmes France se félicite de l’existence d’un tel outil juridique complet et contraignant. Nous rappelons notre engagement dans le combat contre les violences faites aux femmes et soulignons la nécessité d’une prise de conscience globale, sur le besoin d’avoir une société unie et concernée, où chaque citoyen.ne peut à son niveau agir afin de faire évoluer les mentalités et inverser la tendance, et sur l’importance pour les Etats d’appliquer les prérogatives qui leur incombent.

 

Par Camille Studer et Sonia Lépine-Persaud

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